à propos

A propos du « Film-collage 2 – amour » (2022)

« Beaucoup de cinéastes expérimentaux ont cherché à représenter l’amour comme celui-ci peut se vivre à l’apogée du bonheur, dans la passion, la tendresse, la profondeur, dans le don de soi et la fusion avec l’autre. Après ses ancêtres Shirley Clarke (A Moment In Love, 1956) ou Carolee Schneemann (Fuses, 1967), avec une totale franchise et une parfaite modestie (« ce film est une représentation possible de l’amour », annonce le premier carton), Anaïs Ibert se confronte à ce défi figuratif qui met complètement hors-sujet la pornographie et travaille à créer une érographie fidèle à l’expérience des sentiments. »

Nicole Brenez, historienne, théoricienne, programmatrice, spécialiste des cinématographies d’avant-garde

 

A propos du « Film-collage 2 – introduction » (2018)

« Des personnages ensommeillés qui se meuvent avec grâce. Des détails inattendus. Des paysages irréels. Une absence de logique narrative. Tout semble indiquer que nous sommes dans un rêve. Mais non. La précision extrême des transitions et de la mise en scène témoigne de la réalité du réel. Nous voyons la vie comme un mystère avant qu’elle se fasse histoire. Rares sont ceux qui peuvent maîtriser cet état de devenir. Et l’empreinte est indélébile. »

Alexei Medvedev, programmateur et critique de film

 

A propos de l’exposition « Le passage » (2016)

« Dans ses photographies, collages et films, Anaïs Ibert cherche et trouve dans le réel des univers parallèles peuplés de poésie, d’étrange, de rythme, de musique et de ce sentiment indicible du Tragique. Les coupures et les superpositions dans ses œuvres sont des éclats d’âme qui puisent dans nos propres blessures humaines, dans la beauté d’un monde évanescent, la force d’une Respiration.
Les mains se tendent. Les êtres semblent implorer les ciels d’abîmes tourmentés et derrière de riches matières sablonneuses, en aplats, aux formes rectangulaires, se cache le temps du Rêve et de la Méditation.
Le mystère et un ensemble de sensations se dégagent aussi des images et de la bande sonore de son film-Collage « Siboney ». Les vagues successives des mots, les souffles pulsés des sons et de la musique, les visages inversés, la synchronisation décalée, les travellings latéraux à double sens justifient la phrase « Quand je ne sais pas, j’invente » et l’errance devient alors Passage, Voyage et Création.
Anaïs Ibert ne peut que ravir nos yeux pour questionner ces poussières flottantes de l’incertain de notre passé et de notre futur. »

Martine Baransky, professeure et historienne de l’art